Vers plus de réalité dans les jeux vidéo
Par : David Avrot - vendredi 29 décembre 2006 à 18:30
Un groupe de psychologues annonce dans un rapport que les gens admettent devenir plus facilement dépendants aux jeux d’ordinateur lorsque ceux-ci ont un profond intérêt psychologique.
Selon le journal Motivation and Emotion, les psychologues de l’université américaine de Rochester (état de New York) affirment que les joueurs apprécient les jeux vidéo parce qu’ils sont satisfaisants sur un plan psychologique fondamental.
Les meilleurs jeux sont ceux qui ont un lien direct au monde réel. La pulsion qui entraîne les personnes vers le jeu n’est pas un besoin de divertissement mais plutôt un désir d’accomplissement, de liberté et même de vie sociale.
Le psychologue Richard Ryan, de l’université de Rochester, explique que les joueurs ressentent les meilleures expériences lorsque les jeux qu’ils utilisent produisent des événement heureux dans des scenarii proches de la réalité.
Il semblerait que la fantaisie et la fiction ne soient pas les meilleurs ingrédients pour créer de bons jeux.
Adaptation d’un article de Nick Farrell le 29 décembre 2006.

Commentaires
Bonjour,
La première chose qu’on peut remarquer, c’est qu’admettre “devenir plus facilement dépendants aux jeux d’ordinateur lorsque ceux-ci ont un profond intérêt psychologique” est une réponse socialement acceptable (encore que, l’aspect de la dépendance constiture toujours un tabou). Personne ne va admettre apprécier un jeu parce qu’il lui permet d’écraser des vieilles dames avec une voiture ou parce qu’il lui permet d’entrer dans le peau d’un tueur à gage. Ce simple fait met en doute cette réponse. Si on se fiait complètement aux études, on en déduirait que presque personne ne regarde de films pornos, ce qui est notoirement faux.
Le “désir d’accomplissement, de liberté et même de vie sociale” correspond à des choses qu’on peut trouver dans la vraie vie, pourquoi alors les chercher dans des jeux ? Une explication viendrait d’un sentiment d’échec par rapport à sa propre vie. On recherche alors dans le jeu ce qu’on n’a pas pu trouver dans sa vie ou ce qu’on pense ne pas avoir trouvé. Le jeu n’est plus une évasion, une parenthèse dans la vie, mais un pis-aller, un erzatz de la vie.
Les personnes atteignant l’accomplissement de soi et la liberté n’ont pas besoin de jouer pour trouver cela. Si elles jouent, c’est pour autre chose (par exemple avoir l’impression de sauver la galaxie).
Un petit détail, la fantaisie correspond bien à un genre, mais la fiction n’en est pas un. La fiction s’oppose au documentaire. Tout jeu constitue à priori une fiction. Une fiction peut tout à fait être réaliste ou basée sur des faits réels.
Enfin, prétendre qu’ils ne soient pas “les meilleurs ingrédients pour créer de bons jeux” reviendraient à dire que la qualité d’un jeu dépend de l’univers dans lequel il se déroule. Les mécanismes d’un jeu sont transposables d’un univers à l’autre. On peut créer deux jeux ayant les mêmes mécanismes dont l’un se déroule pendant le deuxième guerre mondiale et l’autre au 23ème siècle. Le premier ne sera pas meilleur, il sera juste plus accessible et plus socialement acceptable. Car aujourd’hui encore, se passionner pour des univers imaginaires est toujours considéré comme étant une activité d’enfant.
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